Performeur Compagnie Candela en extension sur scène de théâtre contemporain
Publié le 8 février 2026

J’ai découvert la Compagnie Candela lors du Festival d’Avignon il y a trois ans. Ce soir-là, dans la cour d’un hôtel particulier, quelque chose s’est passé que je n’avais pas vécu depuis longtemps dans un théâtre. Deux heures plus tard, je cherchais déjà leur prochaine date. La question qui m’obsédait : comment font-ils pour provoquer ça ?

Candela en 30 secondes

  • Un langage hybride qui n’est ni cirque, ni danse classique, ni théâtre conventionnel
  • Des spectacles accessibles sans formation artistique préalable
  • Une durée moyenne d’environ 1h15 à 1h30 selon les créations
  • Une compagnie régulièrement programmée dans les festivals majeurs

Ce qui se passe sur scène quand Candela entre en jeu

Oubliez ce que vous pensez savoir sur le spectacle vivant. La Compagnie Candela refuse les étiquettes, et c’est précisément ce qui déstabilise au premier abord. L’erreur que je constate souvent chez les primo-spectateurs : ils arrivent en pensant voir du cirque ou de la danse, puis restent interdits devant quelque chose qui n’entre dans aucune case. Ce constat vient de mes échanges réguliers avec des spectateurs après les représentations.

L’attention captive d’une salle suspendue



Le parcours classique d’un nouveau converti ressemble à ça : perplexité pendant les vingt premières minutes, vous vous demandez où tout ça va. Puis un basculement émotionnel au milieu, quelque chose vous attrape sans prévenir. À la fin, standing ovation. Et en sortant, cette envie bizarre de revoir un autre spectacle immédiatement.

Dans un paysage où près de 230 000 représentations ont été déclarées en 2024 pour 65 millions de spectateurs, se démarquer relève du miracle. Candela y parvient en refusant justement de rentrer dans les cases préfabriquées. Leur signature artistique tient à ce mélange : des corps qui parlent autant que des mots, une scénographie qui respire, et un rapport au temps qui ne ressemble à rien d’autre.

Chaque fois que je retourne voir Candela, je remarque la même chose. La salle retient son souffle. Pas de téléphones qui s’allument, pas de toux nerveuses. Une attention collective presque palpable. Franchement, dans une époque où notre attention est fragmentée à l’extrême, c’est un exploit en soi.

Les ingrédients d’une fascination qui dure

Ce qui rend Candela singulière, ce n’est pas un truc. C’est une accumulation de choix artistiques cohérents qui finissent par créer un univers reconnaissable entre mille.

Ce que Candela n’est pas

Pas du cirque traditionnel avec acrobaties spectaculaires. Pas de la danse contemporaine hermétique. Pas du théâtre textuel classique. Plutôt un langage hybride qui emprunte à tout sans se soumettre à rien.

La compagnie australienne Circa, par exemple, propose depuis plus de vingt ans un cirque ultracontemporain mêlant danse, théâtre et musique. Candela partage cette audace du mélange, mais avec une sensibilité différente. Moins athlétique, plus viscérale. Moins démonstrative, plus intérieure.

Dans l’intimité du travail de création



  • La présence scénique : les interprètes habitent l’espace au lieu de simplement l’occuper
  • Le rapport au temps : des silences qui pèsent autant que les mouvements
  • L’émotion brute : pas de prouesse technique gratuite, chaque geste porte du sens
  • L’accessibilité paradoxale : exigeant artistiquement, mais compréhensible émotionnellement

D’après mon expérience de critique, les spectacles de Candela restent accessibles malgré leur exigence artistique. Vous n’avez pas besoin d’un master en histoire de l’art pour être touché. L’émotion passe par le corps, pas par l’intellect. C’est peut-être leur force principale.

Le secteur du spectacle vivant connaît une mutation profonde. Selon un rapport sur les innovations scéniques 2025, les créations hybrides mélangent désormais les genres pour créer des expériences immersives inédites. Candela s’inscrit dans ce mouvement, mais sans les gadgets technologiques. Leur innovation est humaine avant tout. Pour les jeunes créateurs qui cherchent une visibilité pour jeunes artistes peintres ou performeurs, observer comment Candela a construit sa singularité offre des pistes précieuses.

Par où commencer si vous découvrez Candela

Soyons clairs : ne vous lancez pas au hasard dans leur répertoire. Certaines créations sont plus accessibles que d’autres pour une première expérience.

Le spectacle par lequel commencer

Privilégiez leurs pièces courtes d’environ une heure à une heure et quart. Elles condensent l’essence de leur travail sans vous exposer à une durée qui pourrait décourager un néophyte. Si vous avez le choix, optez pour une représentation en salle intimiste plutôt qu’en grande jauge.

Je recommande toujours de consulter le site de la compagnie avant de réserver. Les durées varient selon les créations, généralement autour d’une heure à une heure et demie. Les tarifs dépendent des lieux de diffusion et des politiques tarifaires locales, mais comptez une fourchette classique entre une quinzaine et une trentaine d’euros.

Si vous ne devez retenir qu’une chose : n’y allez pas avec des attentes précises. Laissez-vous surprendre. Les spectateurs qui arrivent avec l’idée de voir « de la danse » ou « du théâtre » passent parfois à côté de l’expérience parce qu’ils cherchent à catégoriser au lieu de ressentir.

Pour élargir votre culture artistique au-delà de la scène, explorer l’univers des galeries d’art en ligne peut offrir une perspective complémentaire sur les créateurs contemporains qui bousculent les conventions.

Mon moment de bascule a été quand j’ai compris que Candela ne cherchait pas à impressionner, mais à toucher. Cette différence change tout. Les compagnies qui veulent impressionner vous laissent admiratif mais distant. Celles qui veulent toucher vous embarquent. Candela embarque.

Vos questions sur la Compagnie Candela

C’est accessible si je n’y connais rien en danse contemporaine ?

Oui, et c’est même l’une des forces de Candela. Leurs spectacles passent par l’émotion plutôt que par la référence culturelle. Vous n’avez pas besoin de connaître l’histoire de la danse pour être saisi par ce qui se passe sur scène. D’après mon expérience, les spectateurs les plus touchés sont souvent ceux qui venaient sans aucun bagage préalable.

Combien de temps dure un spectacle de Candela ?

Ça tourne généralement autour d’une heure quinze à une heure trente, sans entracte. Certaines pièces plus courtes font environ une heure. Vérifiez toujours la durée indiquée sur le programme avant de réserver, surtout si vous avez des contraintes horaires.

Où peut-on voir leurs spectacles en ce moment ?

La compagnie est régulièrement en tournée sur le territoire français et dans les festivals majeurs. Le plus fiable reste de consulter directement leur site officiel ou de vous abonner à leur newsletter pour être prévenu des dates. Les programmations changent chaque saison.

C’est adapté aux enfants ou adolescents ?

Ça dépend des créations. Certains spectacles conviennent aux adolescents curieux, d’autres abordent des thématiques plus adultes. En général, à partir de 14-15 ans, un jeune ouvert peut apprécier. Pour les enfants, mieux vaut vérifier les recommandations d’âge indiquées par les lieux de diffusion.

Quel est le style de la compagnie en quelques mots ?

Un spectacle vivant pluridisciplinaire qui mêle corps, espace et émotion brute. Ni cirque, ni danse pure, ni théâtre classique. Quelque chose qui échappe aux catégories et qui parle directement au ventre avant de passer par la tête.

La prochaine étape pour vous

J’aurais pu vous dresser la liste exhaustive des prix, des résidences, des collaborations. Mais franchement, ça ne vous aurait pas aidé à décider si vous devez y aller ou non.

Ce que je vous conseille plutôt : repérez leur prochaine date près de chez vous, réservez deux places sans trop réfléchir, et laissez-vous faire. Le pire qui puisse arriver, c’est de ressortir en vous disant « pas pour moi ». Le meilleur ? Rejoindre cette communauté grandissante de spectateurs qui guettent chaque nouvelle création avec impatience.

Et si après avoir vu un spectacle vous vous retrouvez à chercher leur prochain passage comme je l’ai fait il y a trois ans, vous saurez que Candela a fait son travail.

Rédigé par Étienne Moreau, critique et chroniqueur culturel depuis 2012. Basé à Paris, il couvre le spectacle vivant pour plusieurs publications et a assisté à plus de 400 représentations en une décennie. Son approche privilégie le ressenti du spectateur plutôt que l'analyse académique. Il intervient régulièrement dans des tables rondes sur les nouvelles formes scéniques.